Stopper la destruction européenne ou trahir le peuple ?
Sarkozy, "LA COLERE DES PEUPLES"*
lundi 7 mai 2007
par Jean-Yves CREVEL
Tous les chefs d’Etats européens sont ligués pour que le nouveau Président français oublie vite les engagements faits aux Français et se soumette à leurs injonctions de poursuivre la construction européenne comme si rien ne s’était passé, ni le 29 mai, ni après.

Mais le soir même de son élection, ce Président nouvellement élu a semblé accélérer les choses en les mettant au pied du mur en ces termes :

"Je veux lancer un appel à nos partenaires européens, auxquels notre destin est lié, pour leur dire que toute ma vie j’ai été européen, que je crois profondément, que je crois sincèrement, en la construction européenne. Et que ce soir la France est de retour en Europe. Mais je conjure, je conjure nos partenaires européens, d’entendre la voix des peuples qui veulent être protégés. Je conjure nos partenaires européens de ne pas rester sourds à la colère des peuples qui perçoivent l’Union Européenne non comme une protection mais comme le cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde. "

Car si Nicolas Sarkozy a de bonnes cartes en main -la durée, une forte légitimité, les milliards de la contribution nette de la France à l’Union - il n’est malgré tout qu’un dirigeant parmi 27. Vingt-sept états où la majorité des atlantistes-mondialistes est écrasante qui ont en horreur le « modèle français » et sont angoissés à chaque consultation des Français. Ses homologues européens ne se sont pas gênés de le mettre péremptoirement en garde sur le thème « qu’il n’aurait pas de marge de manœuvre ».

Nicolas Sarkozy a parfaitement compris que sa force est de parler au nom de ces peuples à qui personne ne demande leurs avis et que l’impopularité de la "construction" européenne est le seul élément suffisamment inquiétant pour les gouvernants européistes pour qu’il retrouve une "marge de manoeuvre".

Car il n’a cessé de répéter qu’il tiendrait tout ses engagements, Valérie Pécresse précisant que l’élection aurait valeur de référendum pour ses engagements* (voir son blog).

Ainsi, il s’est lui-même obligé à obtenir des résultats. Sauf à se désavouer, il ne pourra accepter qu’un mini-traité posant au minimum le principe de la préférence communautaire, un dispositif anti-délocalisation, une refonte des règles sur la concurrence et le droit pour un pays membre de déroger à une décision européenne contraire à ses intérêts. Son engagement de ne pas remettre en cause le statut de la BCE n’est déjà pas de bonne augure, sauf à espérer qu’il ne s’agit que d’une concession pour emporter tout le reste. (mais il faut vraiment vouloir être optimiste pour miser sur cette seconde hypothèse...)

Sans le peuple, le nouveau président serait un roi nu. Encerclé à l’extérieur par les gouvernements européens qui "rongent leur freins", encerclé à l’intérieur par sa majorité libérale soumise à la mondialisation. Il a la chance et l’obligation de s’appuyer sur le peuple, d’où le choix crucial : respecter ses engagements quitte à remettre en cause les fondamentaux européens, ou se soumettre à l’empire en se désavouant.

Maintenant que la page des élections est tournée, que pouvons-nous faire ? Simplement expliquer à nos concitoyens où se prennent réellement les décisions et l’état de vassalisation dans lequel le pays est tombé. Faire naître une prise de conscience : non seulement la liberté du peuple à disposer de son destin est un droit inaliénable, mais c’est aussi la solution aux problèmes de société et aux impasses économiques. Que se construise un profond élan de libération nationale, moderne, populaire, républicain, réfléchi et transcendant tous les clivages, et la France sera réellement plus forte, et son gouvernement quel qu’il soit aura plus de "marge de manoeuvre". Ce mouvement permettra un jour à une France libre de retrouver son rôle historique dans le monde, en mettant fin à cette funeste stratégie continentale d’un autre âge.

Ce mouvement de libération existe, c’est l’Union Populaire Républicaine.

Vous pouvez en savoir plus en postant un message : contact@u-p-r.org


* En référence au film de Werner Herzog : Aguirre, la colère de Dieu

(En 1560, une troupe de conquistadores espagnols descend de la montagne à la recherche de l’Eldorado. Mais l’équipée s’enlise dans les marais. Une plus petite expédition est alors constituée, placée sous la conduite de Pedro de Ursua et de son second, Lope de Aguirre, qui devra reconnaître l’aval du fleuve sur des radeaux. Aguirre, aventurier ambitieux et brutal, manœuvre habilement pour proposer à ses compagnons un nouveau chef, le falot Fernando de Guzman, promu solennellement « empereur du Pérou et de l’Eldorado ». La troupe dérive le long du fleuve, harcelé par des Indiens invisibles tapis dans la forêt. Bientôt, Guzman, devenu gênant, est retrouvé étranglé et Pedro de Ursua pendu dans la forêt. Seul demeure Aguirre, frappé de folie, qui entraîne tyranniquement sa fille, ses soldats et les esclaves indiens dans une errance sans fin. Décimés par la faim et les fièvres, ils sont guettés par la mort tandis qu’Aguirre, demeuré seul, poursuit sans trêve son défi impossible. )

Post-scriptum :

* "Car je crois que fondamentalement le 6 mai sera plus qu’une élection présidentielle, un véritable référendum. Mais pas seulement comme l’envisage la gauche, pour ou contre Sarkozy, aussi un référendum pour ou contre ses engagements".


L’EXPRESS

lundi 7 mai 2007, mis à jour à 08:00

© Reuters Nicolas Sarkozy félicité et appelé à relancer l’Union européenne Reuters

Chefs d’Etat et de gouvernement ont adressé leurs félicitations à Nicolas Sarkozy après son élection à la présidence de la République, les dirigeants européens attendant notamment de sa part une contribution à la relance de l’Union européenne après le "non" français au projet de Constitution.

Le président américain George Bush a téléphoné à Nicolas Sarkozy pour le féliciter. Il a dit espérer de bonnes relations avec le futur président français, qui, dans son premier discours après son élection, a assuré les Etats-Unis qu’ils pouvaient compter sur l’amitié de la France.

"La France est de retour en Europe", a également déclaré Nicolas Sarkozy dans cette première intervention de président élu.

Les dirigeants européens n’en espèrent pas moins.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s’est dit certain que Nicolas Sarkozy contribuerait à sortir l’UE de l’impasse dans laquelle elle est plongée, notamment depuis les "non" français et néerlandais au projet de Constitution en 2005.

"Je connais bien Nicolas Sarkozy, et je sais sa volonté de faire que la France occupe toute la place qui doit être la sienne sur la scène européenne", a-t-il déclaré à Bruxelles.

"Et j’ai toute confiance en Nicolas Sarkozy, dont je connais les convictions et dont vous connaissez tous la force de conviction, pour exercer un rôle moteur dans la résolution de la question institutionnelle et la consolidation de l’Europe politique", a-t-il ajouté.

MERKEL POUR UNE "COLLABORATION ÉTROITE"

Nicolas Sarkozy a proposé l’adoption d’un "mini-traité" allégé, qui reprendrait les principales réformes institutionnelles prévues par le projet de Constitution et qui serait soumis en France à un vote du Parlement.

La chancelière allemande Angela Merkel s’est dite impatiente de rencontrer le futur président français, en soulignant l’importance du "moteur" franco-allemand dans la construction européenne.

Angela Merkel "est certaine qu’avec ce nouveau président, l’amitié franco-allemande, qui a fait ses preuves, continuera à être le fondement permettant de garantir la paix, la démocratie et le bien-être en Europe", a déclaré la chancellerie dans un communiqué.

"Dans une phase aussi cruciale pour l’Europe, il est important de maintenir une collaboration étroite, confiante et intense entre l’Allemagne et la France", poursuit le communiqué.

Le Premier ministre britannique Tony Blair et le président du Conseil italien Romano Prodi, tous deux de centre-gauche, ont également adressé leurs voeux de réussite au président élu.

"La situation complexe de l’Europe et du monde exige de nous un engagement solide et partagé", a déclaré Prodi.

"Mon pays, mon gouvernement et moi-même personnellement continuerons à voir en la France un allié-clé et en vous un ami", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a également salué l’élection de Nicolas Sarkozy.

"Le Premier ministre s’est dit certain que les relations d’Israël avec la France, l’un des pays les plus importants et influents en Europe et dans le monde, se renforceraient pendant le mandat de Nicolas Sarkozy à la présidence", dit le chef du gouvernement israélien dans un communiqué.


7 mai 2007

La marge de manoeuvre est serrée pour le nouveau président : les ministres des Finances de la zone euro, réunis à Bruxelles, et la Commission européenne ont demandé à Nicolas Sarkozy de respecter ses obligations sur l’indépendance de la BCE et la réduction du déficit public.

Le candidat a fustigé pendant la campagne électorale la Banque centrale européenne. Il avait suggéré au cours de sa campagne une réforme des statuts de la BCE. Cette revendication a toutefois été abandonnée, selon des déclarations récentes de l’entourage du nouveau président de la République. Le président de la BCE Jean-Claude Trichet a d’ailleurs relevé que le nouveau président français n’avait pas appelé à une modification du traité de l’Union économique et monétaire.

La Commission européenne a rappelé à Nicolas Sarkozy les impératifs du pacte de stabilité et de croissance européen. Le ministre français des Finances Thierry Breton a répondu lundi soir que Nicolas Sarkozy s’y appliquera pendant son mandat.

Michel Janva

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