79% des Français attendent autre chose !
dimanche 18 février 2007
par Jean-Yves CREVEL
Le système a atteint son but : le prochain Président sera - sauf énorme surprise - un serviteur zélé de l’euro-mondialisme et sa mission sera de faire disparaître ce qu’il reste d’indépendance à la France. Ce qui n’était pas prévu, c’est que ce Président soit désavoué avant même d’être élu. Peu importe maintenant de savoir qui emportera ce marché de dupes, nous savons déjà qu’une nouvelle cohabitation va commencer, entre un président fabriqué par un pouvoir occulte et le peuple français qui n’en peut plus de voir ses droits piétinés.

Entre les gaffes de l’une montées en exergue par les médias, les bourdes de l’autre savamment dissimulées, le débat ne vole pas bien haut et les Français s’en rendent compte. La médiocrité des postulants n’explique pas tout. Aucun candidat ne peut aller au fond des choses, sauf à reconnaître qu’il n’aura aucun pouvoir pour mener la politique que les Français attendent, que non seulement cette impuissance lui convient parfaitement, mais qu’il s’apprête à perdre les quelques marges de manœuvres qu’il aura.

Il se produit incidemment qu’on effleure les vrais problèmes, comme pendant l’émission « A vous de juger » sur France2. On y recevait en vedette la nouvelle coqueluche des instituts de sondages, l’exutoire acceptable et bien-pensant, François Bayrou.

Interpellé par un salarié victime du dégraissage massif d’Alcatel-Lucent, qui faisait très justement remarquer qu’il était totalement stupide de croire que les groupes supranationaux laisseraient en Europe leurs services Recherches & Développement, le candidat centriste a abordé le sujet central, la ruine programmée de la France pour soumission à l’euro-mondialisme.

Après les sempiternelles déclarations de soumission et d‘impuissance : « On ne pas interdire les délocalisations au niveau français » suivies de la solution obligatoirement européenne : « Il faut que ce soit l’Europe qui réfléchisse au problème » et autre « C’est uniquement dans le cadre européen qu’on peur réfléchir ». Il transparaît de plus en plus clairement que l’Europe-solution-obligatoire, M. Bayrou n’y croit plus lui-même, puisque après avoir tenté de cacher l’impuissance nationale par la solution continentale, il revient à l’impuissance tout court : « Je n’ai pas de baguette magique » et la pitoyable promesse de changement de style : « Président de la République, je recevrais le PDG d’Alcatel-Lucent et je lui dirais : « Est-ce que vous ne pouvez-pas faire autrement ? ». La réalité dépasse la fiction, c‘est pire que les Guignols de l’Info. Sarkozy ou Royal n’aurait pas fait mieux !

La question de "Pascal de Rouen" se fait plus précise, sur la concurrence chinoise. M. Bayrou se lance : « Disons la vérité on ne les rattrapera pas, les coûts de productions. On ne peut pas aller payer en Europe au prix que les chinois paient en Chine.... » Il feint d’ignorer l’évidence que tout le monde constate : tant qu’on n’a pas trouvé de solution, celle-ci apparaît d’elle-même : comme on ne peut pas payer au tarif chinois, on ne paie pas du tout, simplement en n’employant plus !

La suite vaut son pesant de cacahouètes : « Y a qu’une chose qu’on peut faire, le jour où on sera courageux et costaud (sic) c’est leur dire : « votre monnaie, Mesdames et Messieurs, elle est complètement sous-évaluée » « Y a des économistes qui disent que la monnaie chinoise est autour de 400 ou 500% plus bas que le prix où elle devrait être. »

Cela peut éventuellement intéresser un éditeur chinois qui voudrait faire un recueil d’histoires drôles.

« Ce jour-là, peut-être on pourra ouvrir une discussion de puissance à puissance avec la Chine. »

Autrement dit, c’est pas demain la veille !

« Les États Unis ne peuvent pas le faire parce qu’ils sont étranglés pour une raison simple, c’est que les Chinois ont dans leurs coffres plus de mille milliards de dollars d’obligations sur le trésor américain. Ça veut dire que s’ils se mettent à vendre, le dollar s’effondre, donc ils les tiennent. »

On approche du fond du problème, mais toujours en camouflant l’essentiel : les Chinois ne tiennent pas seulement les USA avec leurs réserves en dollars, mais ils tiennent aussi toutes les banques centrales, y compris la BCE qui n’émet que 14% de la masse monétaire mondiale.

« Nous, européens, nous devrions être capables, en nous groupant, de dire aux Chinois « c’est une concurrence déloyale. Les concurrences loyales, on les accepte, les concurrences déloyales, on ne les accepte pas ».

Quels européens n’acceptent pas les concurrences déloyales ? Apparemment, M. Bayrou vit dans une Europe imaginaire.

La vraie Europe, celle où nous vivons, à comme seule loi « la Concurrence ». Dès que « la Concurrence » est la loi fondamentale, elle écarte de facto la notion de « déloyauté. » L’Europe, la vraie, fonctionne en interne comme la mondialisation : les pays où les coûts salariaux sont les plus hauts doivent financer le développement de leurs concurrents « déloyaux » qui se livrent au dumping fiscal et social. Pourquoi ces pays, majoritaires en Europe, se tireraient une balle dans le pied en suivant M. Bayrou sur ses théories de concurrences déloyales ?

« Mais c’est une démarche, vous le voyez bien, du jour où on sera courageux, et où on sera capable de se ressaisir. Pour l’instant, hélas, on n’y est pas. Président de la République, si je suis élu, je pousserais l’Europe à avoir une attitude ferme sur ces sujets. »

Il faut reconnaître là que M. Bayrou a raison, au moins sur la nécessité d’être courageux et d’être « capable de se ressaisir. » Mais se ressaisir consisterait au préalable à admettre quelques vérités de plus en plus évidentes, par exemple :

-  La Chine n’acceptera jamais qu’on lui demande de réévaluer sa monnaie, ce qui relève de sa souveraineté. C’est à chaque pays de fixer librement le cours de sa monnaie en fonction de ses intérêts... A chaque pays, sauf aux pays de la zone euro, qui eux, doivent subir.

-  La France ne peut défendre ses intérêts qu’en étant présente à l’OMC. Elle y trouverait de nombreux alliés, sur tous les continents et engrangerait les bénéfices de ses politiques tiers-mondiste et écologique.

-  L’Europe, représentée par Peter Mandelson, devant parler d’une seule voix pour défendre des intérêts contradictoires, tantôt elle ne défend que les intérêts des pays à qui le libre échangisme profite, tantôt elle reste muette ou inaudible et sert de variable d’ajustement entre les Etats-Unis et la Chine.

Donc, « être courageux et capable de se ressaisir », cela implique de se libérer du carcan européen, c’est-à-dire tout l’inverse de ce qu’envisage Bayrou et consorts.

Il est évident que M. Bayrou ne croit pas un mot des balivernes avec lesquels il veut se faire élire. Il sait parfaitement qu’il peut « pousser l’Europe » tant qu’il peut, cette Europe, ira toujours vers son intérêt : utiliser les mains d’œuvres les moins chères, faire financer par la France l’ancrage atlantiste des anciens satellites russes.

La vraie question, c’est « pourquoi ? » Pourquoi M. Bayrou veut-il être Président de la République en mentant aux Français, pour que la France reste soumise à un pouvoir mondial qui a décidé que le prochain président français devrait aliéner définitivement la France ? Pourquoi M. Bayrou parle t’il de Robert Schuman comme d’un saint alors qu’il sait parfaitement que Robert Schuman était un agent de l’OSS ? Pourquoi Mme Royal et M. Sarkozy procèdent-ils à l’identique ? Pourquoi s’apprête t’on à supprimer le crime de haute trahison dans le statut pénal du Président de la République ?

Pourquoi Philippe de Villiers et Nicolas Dupont-Aignan parlent-ils de « préférence communautaire » alors qu’ils savent pertinemment que jamais l’Europe n’en voudra, simplement parce que ce serait totalement contraire aux intérêts des pays qui y sont majoritaires ?

L’hypothèse la plus crédible reste la soumission. La soumission au pouvoir de l’argent indispensable pour faire campagne, la soumission au pouvoir des médias, qui font la loi en censurant celui qui oserait remettre réellement en cause un système qui veut la disparition de la France en tant que pays libre.

Voilà pourquoi il n’y a pas lieu de faire de distinction entre tous ceux qui participent à la magouille et à rester simplement solidaires du peuple français qui est éternel et qui est toujours capable de créer la surprise. Tôt ou tard éclatera au grand jour que l’échec de l’un n’implique pas la disparition du gaullisme, que tel autre ne peut faire disparaître le peuple français en prêchant le souverainisme dans le désert.

Vive la France !

Post-scriptum :
à vous de juger
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