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03.08.2010

La Réunion, une idée du bonheur

La Réunion, ça commence à la descente de l'avion : une lumière et un inoubliable parfum de nature dans l'air. Aussi, une seule solution : faites la bise aux amies et amis qui vous attendent, et allez vite louer une voiture pour partir sur des routes que même des sorcières ne pourraient imaginer.

Le lagon quand le soleil se lève,... et une heure plus tard vous voici au belvédère du Piton Maïdo, avec une végétation qui change aussi vite que la route monte. Admirez le cirque de Mafate, plus de 1000 mètres de dénivelé, et là vous êtes flingué par la douceur de l'air et des brumes enchantées qui s'installent. Redescendez et prenez la route du bord de mer, à l'apic de la montagne où vous étiez il n'y a même pas une heure, et qui vous menacerait si d'énormes filets de ferraille, accrochés aux parois, ne protégeaient pas cette route qui drague l'Océan Indien.

Soufflez un instant, vous voici à Saint-Denis, et une pause s'impose sur l'esplanade du Barachois, en bord de mer, avec ses antiques canons tournés vers le large. Tiens à propos de canons, les bars ne manquent pas... Mais ce n'est pas encore le moment.

En route vers le Sud, mais sur la côte Est, si différente de la côte Ouest.  Ici, c'est l'Est qui a des airs de forêt tropicale, avec les champs de cannes à sucre, et un peu plus loin la plaine des Palmistes avec ses fougères arborescentes. Mais vous êtes malins, et vous avez trouvé les trois routes qui vous conduisent dans les trois grands cirques. On dirait les entrailles de l'ile : Mafate, Cilaos et Salazie. Et là, c'est l'enchantement pur et simple. Le cirque de Mafate... Mais vous étiez la-haut, il y a à peine trois heures, et vous voici dans le si tendre village de Hell-Bourg, et ses impensables maisons créoles cachées dans les fleurs...

Allez, il faut finir le tour. Alors ce sont à nouveau les jardins luxuriants du bord de mer,... avant que revienne l'envie de monter vers les hauteurs, pour découvrir un désert d'altitude avant d'arriver au Pic de la Fournaise, et au volcan, avec au loin le Piton des Neiges... enneigé ! Là, normalement, vous succombez. Pour les survivants, c'est une longue redescente, qui permet de retrouver le bord de mer, et pile au Sud, les énormes blocs de roche noire, tout droit venus des éruptions du volcan, qui se cassent dans le plus bleu des océans. Moi, je ne m'en suis jamais remis.

Pour survivre, il ne vous reste que le rhum arrangé, et un ami qui prend le volant pour vous ramener sous les envoûtantes lumières du soleil couchant vers la ville du bonheur... Saint-Gilles !

Demain, on fait la même, mais à pied, et direction le coeur de l'ile. Le Trou de Fer, comme une ile dans l'ile du paradis. Mais là, je ne suis pas sûr d'en revenir...

*   *   *

Au réveil, avec ça sous les yeux, qui voudrait bouger?

Et pourtant, suivez moi....

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Vers le Piton Maïdo, la végétation change dès que la route s'élève
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Le cirque de Mafate depuis le Piton Maïdo : à couper le souffle
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Depuis le belvédère, les brumes venues de la mer qui descendent vers le cirque de Mafate
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C'est comme ça que s'installe le chapeau de brume sur le haut de l'ile. Quelle douceur !
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Faites la pause à Saint-Denis, et regardez un peu où passe la route du bord de mer
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Un tour au marché: rock'n the piments...
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Ananas garantis du pays
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La côte Est, et les champs de cannes à sucre
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Là, on entre dans le coeur de l'ile : le cirque de Salazie
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Une autre vue, depuis les hauteurs du cirque de Salazie
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La beauté du monde, c'est un peu ça non ?
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Cousin germain, le cirque de Cilaos
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Le cirque de Mafate, cette fois-ci vu de l'intérieur
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On s'approche de Hell-Bourg, un village à craquer
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Une maison de Hell-Bourg...
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Ca pourrait être le siège de l'ONU, tellement ça inspire la paix
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T'as pigé ?
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On redescend vers la côte Est, avec les fougères arborescentes
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La plaine de Palmistes... Là tu ne sais plus où tu en es
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Plein Sud, la Grande Anse te tend les bras
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Mais non, il faut remonter vers le désert qui conduit à la Fournaise
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Tu ne veux quand même pas rater cà?
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Nous sommes tout petits, tout petits
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Rien à dire...
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Tu es venu sur une ile, et tu découvres un continent
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3070 mètres : le Piton des Neiges, un sommet alpin dans l'océan indien
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Un Piton des Neiges... avec de la neige !
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La Fournaise, on y est !
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La Fournaise en feu
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Oui, en feu
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Fantastique
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La lave descend vers la mer
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L'endroit s'appelle "Grand Brulé"
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Grandiose
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Vu de la côte, ce sont ces roches noires qui affrontent les grandes vagues
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C'est le retour, une pause à Saint-Pierre
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Je n'en peux plus, je vais dormir là
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Une bonne douche, et tout repart
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Parce que les gorges du Bras de Caverne au petit matin, ça fait tout oublier
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C'est le Trou de Fer, et là, on arrête tout
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Une autre vue du Trou de fer
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Et le spectacle est sans fin
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Après toutes ces émotions, il me faudra bien ça
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Parce qu'en fait, j'étais venu plaider une affaire au TGI de Saint-Pierre de la Réunion
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19.04.2010

Magnifique Islande

Le vol Paris - Reykjavik, c'est 3h 30, quand tout va bien, et que déjà, l'avion peut décoller. Sur place, un enchantement, car l'Islande, c'est Fa-Bu-Leux. De tout côté, et à chaque instant, on sent qu'on est sur une ile, et un ile éloignée. Mais cette ile c'est aussi, et de tout côté, des immensités. Dans Reykjavik, l'hiver, quand les nuits se prolongent, bars et pubs rivalisent pour vous faire connaître un autre monde. Et au petit matin, vous partez pour les grands espaces, avec une diversité inouïe des paysages. Alors aujourd'hui quelques photos, pour tous ceux qui ont découvert l'Islande, pour ceux qui y habitent et commencent à se poser des questions après le réveil du volcan Eyjafjallajökull, pour ceux qui galèrent dans les aéroports, et pour mon amie Régina, qui depuis son bureau du Conseil de l'Europe, veille au renforcement des droits des patients, dans la diversité des droits pratiqués en Europe.

Reykjavik...

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Un petit dernier au Dillon Pub
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... et en route !
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Au passage, une pensée pour la Norvège
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Les maisons au toit en gazon
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Les bains chauds
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Les grands espaces
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Les volcans se fâchent
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Bonne nuit !
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Et à bientôt !

26.03.2009

Police : Les quotas sont-ils légaux ?

radar_jumelles.jpgUn quota, sinon rien. Sacré Sarko. Les flics accros au quota. Il suffit d’avoir deux copains flics, une bonne bouteille, et ils vous lâchent le morceau, tellement ils en ont ras-le-bol. Et MAM qui dément… Démentiel ?

C’est le magazine Auto-Plus qui publie d’intéressants documents, avec cette note du 15 janvier 2009 qui concerne Châlons-en-Champagne (Marne) : «Vu les quotas.jpgnécessités de décliner notamment des objectifs chiffrés en matière d’activité de voie publique et vu l’analyse des résultats obtenus en 2008, la présente note a pour objet de fixer les objectifs à atteindre en 2009 pour les brigades et unités spécialisées composant l’unité de sécurité de proximité».

« Vu les nécessités de décliner… » Déclinons, déclinons,… il en restera toujours quelque chose. C’est le mot moderne. Au lieu d’exécuter les ordres du chef, vous déclinez… Que du bonheur. Déclinons comme des fous, et déclinons pour de bon. Réfléchir est un exercice épuisant et redoutable, dont les effets sont incertains, et qu’il faut donc éviter.

«  La présente note a pour objet de fixer les objectifs… ». Pas de quotas – quelle horreur ! – juste des objectifs déclinés. Bref, le flic n’agit pas en fonction des évolutions de la délinquance, mais en fonction de chiffres qui lui sont fixés.

Vient alors la feuille de route. Des chiffres tellement précis que le flic a intérêt de tenir le rythme s’il a quelques espoirs sur sa fiche de notation, ou son inscription au tableau d’avancement.

pv-au-vol.jpg «Au cours de l’année 2009, chaque brigade de roulement de jour devra

« - réaliser a minima les objectifs suivants: procéder à 65 interpellations, hors IPM (ivresse publique manifeste,) et délits routiers.

« - constater 24 autres délits routiers (défaut de permis ou d’assurance, refus d’obtempérer…),

« - établir 230 T.A. (timbre-amende,) pour des infractions au Code de la route hors stationnement (non présentation des pièces administratives, non respect de la signalisation routière, défauts d’équipements…)

« - établir 400 T.A. pour les infractions type non respect de la signalisation

« - établir 150 T.A. pour les infractions relatives à un comportement dangereux, comme le non port de la ceinture ou l’usage du téléphone au volant

And so one… Pour la suite,  allez vite chez votre kiosquier acheter Auto-Plus.

D’où cette question toute simple : Ces quotas sont-ils légaux ?

L’idée de quotas en matière pénale est a priori contraire aux fondamentaux. shadoks_bon_sens_connerie.jpg

D’abord, les principes fondamentaux du droit pénal : la répression doit être conduite au niveau de ce qui est strictement nécessaire, ce qui légitime une approche humaine, et non par statistique. Les poursuites des infractions relèvent de l’action du procureur de la République, qui estime ce qu’il est le plus opportun de faire (Article 40 et 40-1 du Code de procédure pénale).

Ensuite, les principes fondamentaux de l’action administrative, qui reposent sur un examen circonstancié de l’adéquation des moyens en fonction des besoins. De plus, en privilégiant le chiffre, on encourage à la répression des infractions les plus faciles à identifier, et on éloigne la police de sa mission. De fait, elle ne choisit plus comme objectif les infractions les plus redoutables, mais les plus simples. Bref, ce n’est plus « assurer la sécurité des personnes », mais « faire du chiffre ». Détournement de pouvoir.

Donc, la décision administrative (préfectorale) organisant une action publique répressive par références à des quotas et non pas par des appréciations humaines est contraire aux principes.

Pour envisager des recours, il faudrait savoir si ces notes de services sont appliquées comme des objectifs incitatifs, ou si elles deviennent de véritables règles assorties de sanction, et là il faut distinguer la situation de l’usager et de l’agent.  

Pour l’usager, la seule question est de savoir si l’infraction existe ou non. Le fait qu’il soit embarqué dans le quota ne change rien. La question reviendrait s’il apparaissait que la recherche de l’infraction facile remettait en cause les vrais objectifs, légaux, de sécurité. Une preuve difficile à apporter.

Pour les agents, la contestation est plus aisée. Notamment, les critères permettant de fixer la notation et l’avancement doivent être liés à la manière de servir, appréciée sur un plan individuel, et la référence à des critères statistiques ou gestionnaires interne au service permettrait d’obtenir l’annulation de la notation (Cour Administrative de Lyon, 28 juin 2005, N° 00LY02725). Donc mal noter un agent parce qu'il n'atteint pas ces objectifs est décision qui doit être annulée par le tribunal adminsitratif.

 

 

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13.03.2009

Escapade d’un détenu pour acheter des clopes !

TomAndJerryWallpaper1024.jpgLa tête du gardien qui voit un détenu sur le mur d’enceinte, non pas entrain de s’évader, mais pour rentrer dans la prison ! Ce qui signifie, certes, que s’il essayait de rentrer, c’est qu’il s’était évadé… Mais il s’était évadé juste le temps de faire le plein de clopes.

Une histoire pas banale assurément, qui nous vient du comté de Camden, en Géorgie, dans le sud-est des Etats-Unis.

Harry Jackson, 25 ans, était détenu depuis quelque temps dans la prison du Comté, purgeant une peine pour trafic de cocaïne. Petit problème. Le shérif Tommy Gregory venait d'instituer une campagne antitabac sur la prison. D’où l’idée d’Harry Jackson d’aller faire le plein de clopes pour lui, et peut-être bien aussi parce qu’il était mis sous pression par d’autres détenus, comme il a commencé à l’expliquer. L’enquête fera le point mais en attendant il n’a pas de doute qu’Harry Jackson s’était fait la belle. Discrètement, dans la grande tradition, il a réussi samedi à forcer une des portes du terrain de sport, pour ensuite escalader le mur d'enceinte extérieur, et tchao les amis. La belle, la grande aventure, et les délices des retrouvailles avec la vraie vie ? Que néni ! Juste le temps de faire les courses, au supermarché du coin. Pour acheter 14 paquets de cigarettes. A un petit détail près : Harry Jackson n’avait pas une thune, et il a du les voler ces cigarettes.

A vrai dire, si le coup avait marché, l’alibi était imparable : «  Je ne peux être le voleur, car j’étais détenu ! » Avouez qu’il faudrait être fortiche quand vous enquêtez sur un vol pour soupçonner une personne qui était détenu au moment de ce vol !

Et là, vous voyez que la police n’est pas reconnaissante. Elle avait l’occasion de se féliciter pour un succès remarquable : le détenu s’évade le matin, et il est récupéré l’après-midi. Pas de « plan Epervier », ni d’hélico, ni de brigades motorisées qui se répandent aux sorties de villes. Rachida en aurait rêvé... Pour arrêter le détenu évadé le matin, il suffisait d’attendre qu’il revienne l’après-midi.

Et bien, voyez-vous, le Shérif Tommy Gregory est un sans cœur. Il a annoncé une nouvelle inculpation pour évasion et vol. Mais à tout bien réfléchir, je me demande si ce n’est pas le détenu qui a été le plus malin : en rentrant seul à la prison, il a privé le Shérif d’engager des poursuites. Car des poursuites dans les couloirs de prison, c’est nul, chacun en convient.

 

23.02.2009

Bruits de gamelles au PS

M%20porte%20gamelles%20design%20ecuelle%20chien%20accessoire.jpgEn politique, il y a gamelles et gamelles. Les premières se récupèrent les soirs de second tour, et ça arrive même aux meilleurs. Les secondes sont une attention de tous les jours : ce sont elles qui permettent de vivre.

Vous vous rappelez comme moi du fameux congrès de Reims, de l’annonce des recours en justice pour cause de victoire volée, du vieux parti indécrottable qui s’accrochait à une histoire révolue, de la dramatique division de l’équipe d’Aubry qui ne tiendrait pas trois mois, des déclarations fantastiques sur les vaillantes équipes ségolènistes qui allaient organiser dans toute la France les tissus participatifs porteurs de victoire pour 2012… Bref, la victoire volée d’une poignée de voix n’était que le dernier sursaut d’un vieux monde socialiste finissant. Des tenaces démontraient qu’il s’agissait d’une chute irréversible: en 2006, 60% de 82% ; en 2008, 29% de 55%. Une gamelle de premier ordre ? Non, non, c’était une victoire…

Quelques mois plus tard, le climat semble avoir un peu changé. Si je ne m’abuse. A la manœuvre, l’ami Vincent Peillon, qui manifestement a décidé d’arrêter de porter les valises de Ségo, et de jouer sa carte. Assez rigolo quand même.labyrinthe.gif

Première opération. L’équipe Ségo vient prendre une petite place au chaud dans les instances du PS. Il y a trois mois, il fallait la direction du Parti, avec trémolos dans la voix pour cause de trahison historique. Aujourd’hui, on calcule les strapontins. Et oui, l’équipe étant déjà constituée, il faut trouver de nouveaux postes pour la petite dizaine d’arrivants. A Martine d’ouvrir sa boite à malices… Ajoutons que ce ne sont pas les poids lourds qui rejoignent la direction. Vincent Peillon commente : « Nous avons décidé de faire le rassemblement sans perturber le travail de cette direction ». Genre c’est purement décoratif. Si j’étais concerné, je serais tout de même un peu fâché.

Seconde opération, les européennes. Notre Vincent Peillon, l’un des plus absents des députés européens, entend bien conserver son siège, ce qui suppose de faire net et propre avec Martine. Genre cette fois-ci, rapport de forces loyal. Et oui. Loin des falbalas de la démocratie participative, Vincent Peillon organise son courant de main de fer. Début février, il marque ses distances avec Ségo pour son livre Femme debout, jugé « personnel » et  « surprenant« . Il poursuit en se montrant clairement le boss, pour imposer sa candidature aux européennes, et on susurre qu’il serait l’un des deux porte-paroles de la campagne. On suivra éventuellement, si, avec l’accord de la direction, il ne prend pas la place d’un ségoléniste pur sucre. Les paris sont ouverts.

Aujourd’hui, il laisse fuiter dans L’Express, à l’occasion d’un article sur ses nobles ambitions, des confidences assassines : « En privé, confient ses interlocuteurs, Peillon n'a pas aujourd'hui de mots assez durs pour qualifier la Poitevine: au mieux, "irrationnelle" ou "imprévisible", au pire "demi-dingue" ou "folle". » Pour publier aussitôt un communiqué affirmant son amitié et sa fidélité à la présidente de la région Poitou-Charentes. Oui, celle-là même qui compte 22 points de retards sur Martine: 29% d’opinions favorables contre 51 à la maire de Lille.

On en sera où, dans quelques mois?

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Avocat blogueur scrutant l'horizon politique

29.10.2008

Loi sur l'histoire : c'est reparti !

PMQWDCAXG3LTDCAUR72TOCAZ2VVCTCAQKWYTRCAUVPIPECA0MGMI8CAF8Q3J9CAVF1UO1CA94WIWQCA8TSABECA7SQ7HACAO7KDVNCAQB8MODCAXV9A43CAE5J22QCAV6CLXNCA1YRVITCA761MHV.jpgLoi sur l’histoire : c’est reparti !  Xavier Darcos rallume le feu : l’histoire sera plus belle quand elle sera légale. Catastrophe de la pensée.

Tout démarre avec l’affaire Barbie. En 1986, la Cour d’assises du Rhône condamne Klaus Barbie, le « boucher de Lyon », chef local de la gestapo pendant les années noires, à la manœuvre dans la mort de Jean Moulin, des enfants d’Izieu et de tant d’autres. Un vrai procès, mais aussi l’arrivée d’un troisième fleuve à Lyon, à coté du Rhône et de la Saône : la bonne conscience.7T4FTCAC6A3RMCAQCUJQ0CANN23D7CA1EJXXKCAYELZ1QCA1NW1ARCA7RWOKWCAG3O6GDCACXVTQLCAEK131KCA2TAWKRCAR2OXGXCAEDRNBFCAYKN3D0CA8YBUL7CA7D8J4WCA1IJGXQCAYMWHSW.jpg

Après les déclarations d’une bande de crétins, vient la réponse par loi Gayssot de 1990 : sanction du négationnisme, le fait de nier ce qui a été jugé à Nuremberg. Avec un Nuremberg pierre angulaire de la défense des droits de l’homme, la loi est crédible, malgré les fragilités du jugement, à commencer par le massacre de Katyn. La loi renforçait l’autorité de la chose jugée, mais au risque de la sacraliser en sanctionnant par son article 9 la « contestation». Débat venimeux. Très franchement, ceux qui ont été condamnés en application de cette loi le méritaient. Enfin, ils méritaient au moins un coup de pied au cul. Remettre en cause les bases d’un des plus grands crimes, bien étudié, pas si mal jugé, renvoie à des élucubrations qui ont des rapports si éloignés avec l’organisation d’une pensée, que la Cour européenne des droits de l’homme a donné son onction.

K7DWPCACZLS4DCAR79020CA3XV9CLCAKS5FJICANSQ3DKCATR9D00CA2STZSGCA4MMDRACAL3TCNDCAGXZHLQCA4ETXXHCATZJDPNCAGOMDSRCAIJG2ZYCAM0VTQQCAQ0XBOGCAN3KFCNCANVRST1.jpgMais, notre coq législatif à béret s’est emballé.

Avec la réforme du code pénal de 1992, ont été introduites deux nouvelles catégories de crimes, le « génocide » et le « crime contre l'humanité », plus larges que la définition de 1945. Ont suivi, en 2001, la loi « reconnaissant le génocide arménien de 1915 », loi sans sanction, un cas unique dans les annales, et la loi dite Taubira sur l’esclavage. Toujours plus avec la loi Mekachera de 2005, portant « reconnaissance de la nation en faveur des Français rapatriés » et ornée du fameux article sur « le rôle positif de la présence française outre-mer », disposition finalement annulé en 2006, après une grande crise gastrique nationale. Et s’enclenchent les demandes sur la pénalisation de la loi de 2001 sur le génocide arménien, le génocide ukrainien de 1932, le génocide vendéen de 1793…

En 2007, la France parvient à faire adopter en première lecture par le parlement européen un projet de décision-cadre déposé en 2001 prévoyant pour tous les « génocides, crimes de guerre à caractère raciste et crimes contre l'humanité », un délit de « banalisation grossière », et même de « complicité de banalisation » passibles de peines d'emprisonnement, quelle que soit l'époque des crimes.  Ne nous privons pas, c’est pas cher ! Il faut dire qu’un vote en première lecture par le parlement européen, hélas,  n’impressionne que ceux qui ont envie d’être impressionnés.2HT3BCAYO1FYJCA9HRDUNCACSY1KKCA3L6VZQCA1RQ2ZGCACE060PCA92OXY5CALQI8GMCA9BFWFJCAAAHWO2CAZ3OHAFCA03LLXACA3EWF9WCATYFSSVCATN8E2CCA50SBT7CAPRKZL6CAYL959O.jpg

Après l’élection de Nicolas Sarkozy, ça repart de plus belle : la lecture de la lettre de Guy Môquet, un produit de la sous-culture historique, tombé en désuétude en un an, puis le parrainage par les élèves d’un enfant juif mort en déportation, idée saugrenue qui n’a pas tenu une semaine.

Mais il fallait sauver la face, et on s’est orienté vers une mission parlementaire, c’est-à-dire pas tout-à-fait une commission, la « mission d'information sur les questions mémorielles. » Genre lot de consolation pour parlementaires déprimés.

C’est devant cette auguste instance que Xavier Darcos remet le couvert, ce 28 octobre : « Est-ce qu'il ne faudrait pas qu'une bonne fois pour toutes ce que nous considérons comme devant être enseigné aux élèves soit prescrit par la représentation nationale ? Nous n'aurions pas ces questions. Evidemment on ne peut pas rentrer dans tous les détails. Mais on aurait au moins des grands sujets qui seraient reconnus une bonne fois pour toutes. Je pense que pour ce qui est de l'histoire en particulier, je me demande même si ça ne s'impose pas. C'est moins important pour des enseignements de disciplines qui ont un caractère scientifique et répétitif plus marqué. Mais peut-être que pour l'histoire ce serait nécessaire. Je pense que nous réglerions une partie de nos difficultés - parce qu'on voit bien qu'on est en difficulté au fond, derrière tout cela il y a des questions politiques (...) il y a des débats profonds - et peut-être un vrai débat public devrait se passer au parlement».

Voilà. Ce n’est juste qu’une déclaration devant la mission machin-chose, mais avec un groupe UMP le doigt sur la couture du pantalon, on peut craindre le pire.

Alors, j’ai juste deux choses à dire.

RDDYHCAVUA43CCAMUJ94UCATJ0V14CAOZUU9ECAUUGW7ICAIQZ6L2CAEMWF6ECANNC8PQCA9FG7DHCA41XJENCADHNQKTCAP7OM45CAOC215NCA7Y1TJTCAEYCXNYCAVZ01MXCASO75U2CASQ1NZI.jpgToute loi rétroactive est un poison. Ce qui a du être accepté en 1945, face aux crimes du nazisme, doit rester une exception qui s’explique par les données historiques. Aujourd’hui, la sentence aide à raisonner, c’est bien assez. Sauf à rependre l’histoire depuis l’origine de l’humanité, il faut refuser toute application rétroactive de la notion de crime contre l’humanité.

Il n’existe pas d’histoire légale, pas plus qu’il n'existe d’histoire illégale. La paix internationale se construit sur la sérénité des Etats-nations, et les Etats disposent d’outils rituels, de l’hymne à la fête nationale, en passant par les commémorations (dont la France est friande). Mais dans un Etat libre, aucun organe de pouvoir n’est légitime à définir la vérité historique. Les lois peuvent sanctionner les crétins sans qu’il soit besoin de proclamer un histoire officielle. Et pour les historiens qui s’échappent de méthodes de la recherche, les devoirs professionnels sont des repères suffisants.

Oh, Xavier, tu reprendras bien un petit verre de liberté ?

Z54PDCAJIKWFMCAH0WMUOCAOSP14NCA2NBABKCAVTMOGQCAQ6CNVTCAQDWGCJCARZL14ACAHW8XB3CAJZ7HWICAW3JOX0CAXNAEMQCAUTZGM0CA7KSQ28CACXSTQICAAJZRIKCA7T00IECAP2WOJM.jpg

 

28.09.2008

Naufrage Royal

48UE8CA356LD5CAKOE8HSCAL8YJBYCAB319YGCA5FB5K2CAG4NLHDCAQUEQ94CA33PICJCAT02DJ1CA5HUK42CABALFOOCATOCOC3CAW2TYFECAE15QM0CAXM9B2PCA0BVDNACAGII6RGCABTJ2E7.jpgimages.jpgNaufrage Royal. Ne rigolez pas, le spectacle d’hier soir au Zénith de Paris était un naufrage. Et l’électeur de Ségolène Royal que j'ai été se trouve confronté à cette redoutable question : aurais-je du voter Sarkozy ?

Cinq ans plutôt j’avais voté Chirac, contre mes convictions, mais parce qu’un démocrate, en France, ne peut s’abstenir, et que les idées de Le Pen devaient être abattues. Je n’ai jamais eu aucun doute sur ce choix. Avec le show de Ségolène Royal ce soir, ponctuation de tant de dérives, le doute m’assaille.XSXBMCADCGF39CAVVPDVECAI4F7NFCACVKP0GCAR3OBR0CANQABU3CAKRGCUDCA7AF49ECAR8XFAACA8BZKBPCAX5O6O3CA1NCVJSCAZFOKHGCAU9JH7QCAZMDAZDCAH38N7ICAMDLO6SCA0A5MVT.jpg

La politique de Sarko a trop de défauts. Défauts annoncés, et qu’on retrouve amplifiés aujourd’hui. Ce que je rejette le plus, c’est ce discours sécuritaire, privé de sens. Construire et agiter l’épouvantail de l’insécurité, pour siphonner le FN et justifier d’un pouvoir qui ne peut être discuté, au prétexte qu’il faut faire bloc contre les méchants. Le discours économique m’a moins gêné, tant il s’apparentait aux tics du brave gars qui agite ses petits bras. Il suffit de voir où on en est 18 mois plus tard. Inflation et chômage à la hausse, déficit budgétaire accru, pompant les financements dont auraient tant besoin les entreprises, et un endettement qui s’accroit. Toujours de bonnes raisons,... en réalité  toujours cette France qui vit au dessus de ses moyens. Sarko incapable de ramener un début d’ordre économique. Je passe sur le goût pour l’argent et les frasques de la vie privée bien posées sur le devant de la scène. Et les relents odieux du discours anti-étrangers. Non, je n’ai rien à faire avec Sarko.

J18PXCA3D8HI1CAD9PQLICAILFN2UCA45XG8FCAB3FQRSCAQR9B2LCAIST2AFCAPFQB5YCAOSI4AMCAQGGKI9CASFJQIMCAQ9V6POCACWZ7V5CABIUV3MCA2D96C5CAVMVYU1CADGDLOQCAVU0210.jpgJ’ai pensé, comme tant d’autres, que DSK était le meilleur. Mais j’ai découvert une grosse feignasse, prétentieux au point de considérer l’électeur de base comme condamné à voter pour son génie. DSK a été Monsieur Mépris-des-autres. Et la joie avec laquelle il a accepté le parrainage de Sarko, après avoir tant daubé sur lui, montre qu’il en est resté à une mentalité de mandarin. Il n'y a aucune raison d'être son élève.  

Ségolène Royal nous a fait de grandes peurs pendant la campagne. Bien sûr, il y a eu ses déclarations iconoclastes, du drapeau tricolore rendu obligatoire dans les maisons, aux fonctionnaires embauchés pour raccompagner les policiers chez eux le soir. Et ses amours cachés avec le beau Bayrou… Mais c’est secondaire. Son incompétence annoncée est un faux problème. Ce qui est un vrai problème, c’est son incapacité à travailler en équipe. Et là, elle s’écroule devant Sarko.  

Sarko le chef qui décide de tout ? Hélas, ce n’est pas faux. Les ministres sont devenus des sous-fifres. Fillon a fini de tuer la fonction de premier ministre, mieux que toutes les réformes constitutionnelles. Sarko décide de tout, jusqu’à devenir sa caricature, mais s’il a vidé les ministères, il a constitué à l’Elysée un équipe d’une redoutable efficacité. A commencer par celui qui est le vrai premier ministre, Claude Guéant. Un dir’ cab’ devenu secrétaire général de l’Elysée et, de fait, chef du gouvernement. Une fidélité, qui au delà des tensions, des coups de gueules, traduit une grande considération. Et je constate que Sarkozy est très – trop ? – à l’écoute de l’UMP, la source de son pouvoir.

XN1Z3CATTJRLMCAMVQ7EZCAWVJ30ICA6DTT74CAXSBA5ECA3LL299CATY72R5CAX8GM3SCANI8U5KCAGHMU2BCAYL32MLCAYDTULPCAX2XO5UCAFOG9VOCAIDJ2MBCAQENVQTCAJ0XWACCAIM13B0.jpgChez Ségolène Royal, je ne retrouve rien de cela. La première cause de son échec est qu’elle s’est isolée du parti qui l’avait investie, pour s’enfermer dans des équations personnelles auxquelles personne ne comprend rien. Le spectacle de ce soir, un show de prédicateur, financé  à 100% par Pierre Bergé, pour snober le Parti socialiste, auquel elle doit toute sa carrière, et qui, quels que soient ses défauts, est un modèle de démocratie, est un acte grave. Seule vedette, devant ses fans. Tout pour moi, tout par moi. D’un côté le parti et ses règles ringardisées, de l’autre, sa lumineuse personne. Non, il est impossible de suivre. Et cette insupportable manière de se présenter assise sur « ses » 17 millions d’électeurs. Les électeurs n’appartiennent à personne. Respect pour la liberté.   

Rien n’est plus dangereux que l’exercice solitaire du pouvoir. Rien de plus grave que de se croire au-dessus du lot. Sans doute, faut-il pour ses fonctions, une personnalité qui se dégage, un égo au dessus de la norme. Nicolas Sarkozy a, sur ce plan, de quoi inquiéter. Mais Ségolène Royal bien davantage encore, et le triomphe qu’elle s’est organisée ce soir le confirme.

Les programmes politiques ne sont pas si éloignés, quand la France représente 1% du monde et que la crise, industrielle et financière, est là. Aussi, je devais voter pour le plus démocrate. En votant Ségolène Royal, je dois dire que, sans doute, je me suis trompé. Et ça passe mal.

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16.09.2008

Un sommet européen pour les Roms

roms_et_roumains.jpgUn sommet européen pour les Roms. Historique, ce 16 septembre 2008 se tient à Bruxelles le premier sommet européen consacré aux Roms. Enfin, l’Europe se saisit du sujet, mais rien n’est simple.

 

Les réalités, à savoir la pauvreté, l’exclusion et le racisme sont connues, mais de manière très imparfaite. Première difficulté avec les chiffres. Combien sont les Roms ou Tsiganes ? Les chiffres se situent dans une fourchette entre 4 à 12 millions de personnes au sein des 27 pays de l’Union Européenne. Les principales communautés se retrouvent en Roumanie (1,8 à 2 millions) et en Bulgarie (650 à 800 000). Pour les autres pays, c’est le flou artistique s’agissant des chiffres, se qui traduit aussi la grande diversité dans cette population. Tous les Roms ne sont pas restés des gens du voyage, beaucoup sont sédentarisés.

 

Dans les pays d’Europe Centrale, le constat est l’immense pauvreté. 88 % des Roms vivent en-dessous du seuil de pauvreté en Roumanie, et ce chiffre est de 89 % en Bulgarie et 91 % en Hongrie. Cette population est tellement à l’écart que les autorités disposent de peu d’informations complémentaires fiables notamment sur l’état de santé. Selon un rapport du Conseil de l’Europe, jusqu’à 50 % des enfants Roms ne terminent pas leurs études primaires, et jusqu’à 80 % se retrouvent dans des écoles qui leur sont propres. Bref, une machine à faire de l’exclusion.

 

Dans les pays occidentaux, c’est mieux mais ça reste aussi fragile qu’insuffisant. Le libéralisme économique n’aide en rien ces populations à accéder à un certain niveau de vie, et ce sont les collectivités publiques qui doivent agir. Pour la France, cela a été une série de lois. Pour citer les principales : loi du 3 janvier 1969 créant la notion de commune de rattachement, loi du 31 mai 1990 instaurant une obligation d’accueil pour les communes de plus de 5 000 habitants, loi restée inappliquée, et nouvelle loi du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et l’habitat des gens du voyage, avec cette fois-ci des financements publics et mécanismes incitatifs pour les collectivités. Tout devait être fait en deux ans, et le système commence à se mettre en place 8 ans plus tard. La collectivité a beaucoup de peine à tenir sa parole vis-à-vis des gens du voyage. tsigan1.jpg

 

C’est la ponctuation d’un long mouvement. Ces populations sont arrivées en Europe depuis plus de 1 000 ans, émigrant du Rajastan dans le nord de l’Inde, et la société européenne n’a jamais su leur trouver une place. Loin de là, l’histoire a été cruelle pour les Roms qu’il s’agisse de la situation d’esclavagisme qui se pratiquait encore dans les Balkans au 19ème siècle ou de l’élimination massive, de type génocidaire, par les nazis. Loin des lamentations, il faut reconnaître ces faits et chercher à aller de l’avant.

 

Aussi, ce sommet de Bruxelles du 16 septembre 2008, qui fait suite à une réunion du Conseil européen de décembre 2007 et d’une résolution du Parlement Européen de janvier 2008 pour « une stratégie globale » attire beaucoup d’espoir. Pour résoudre cette question sociale, les Etats doivent agir groupés, mais ils doivent aussi le faire avec les représentants des Roms dans leur grande diversité. Les instances européennes ont su intéresser à leur projet de grandes ONG et des financeurs privés dont l’Open Society Institute, dirigé par le financier George Soros. Bruxelles va ainsi mobiliser des sommes importantes, avec des plans pluriannuels et des procédés de contrôle.

 

Jamais un tel effort n’a été entrepris et bien entendu j’applaudis. Tous les chiffres témoignent de l’urgence sociale et sanitaire. Un européen convaincu ne peut que saluer l’engagement de ces actions.

 

Mais pointe déjà une interrogation, qui à vrai dire est très difficile à résoudre. Rien ne peut se faire sans une action publique, l’apport d’argent et des programmes sociaux. Des objectifs doivent être fixés, à commencer dans le suivi scolaire, les préoccupations de santé et la qualité de l’habitat. Démarche entièrement justifiée, mais qui concourt à la sédentarisation, et c’est tout le problème. Plaçons-nous dans l’hypothèse réaliste de la réussite de ces politiques sociales et posons-nous la question de savoir comment cette implication publique dans un service aux personnes est réellement conciliable avec le mode de vie qui est celui des « gens du voyage ». Il est certain que le nomadisme était en grand recul du fait de l’immense pauvreté. La réussite des plans sociaux le remettra inéluctablement en cause. Aussi l’une des questions posées en filigramme de ce très attendu sommet de Bruxelles est de savoir s’il reste, dans une Europe fondée sur la liberté de circulation, la place pour une population itinérante.photo1.jpg