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29.08.2010

Des retrouvailles entre DSK et Eva Joly ?

retrouvailles08.jpg« DSK ? Je le connais bien, je l’ai mis en examen ». C’est le propos qu’on prête à Eva Joly, et ma foi, ça ne sonne pas faux… parce que c’est vrai ! Les Verts n’ont pas l’air comme çà, mais ce sont de sacrés rigolos.

Eva Joly n’est pas encore investie officiellement, mais à partir du moment où elle se dit d’accord, qu’il n’y a ni opposition à son nom, ni autre candidature, le suspens devient modéré. Donc, Eva Joly sera la candidate de la famille écolo aux présidentielles. Elle fera un score honorable, mais personne ne s’attend à ce qu’elle soit présente au second tour. Il restera donc à négocier l’accord de second tour, les investitures pour les législatives, et les places au gouvernement si la victoire est au rendez-vous.

Et négocier avec qui ? Avec le leader des soc’.

Je pense que ce sera Martine. Elle est sur le terrain, a réussi à remettre en route la molle machine soc’ et elle gère au trébuchet les appétits et les aigreurs de cette famille compliquée. Martine a un intérêt évident à dealer avec Ségolène. Qui veut des primaires ? Avec un droit de vote à un euro, tout candidat sérieux risque de se faire dégommer par un effet de mode ou une bonne campagne Internet. Par ailleurs, les camarades socialistes sont persuadés qu’on ne gagne pas contre les sondages. Martine et Ségolène vont donc s’installer quelques temps dans des postures un peu décalées, afin de ratisser large, car leur intérêt est de trouver un bon deal, pour laisser le DSK dans son coin New-Yorkais. DSK ne prendra jamais le risque de perdre à des primaires ou à une présidentielle. J’ai dit il y a bien longtemps ce que je pensais de l’ardeur de cette grande feignasse, et n’y reviens pas.

Mais prenons l’hypothèse DSK un instant, pour le fun.

Parce que oui, Eva Joly avait, en janvier 2000, mis en examen DSK dans l’affaire Elf, pour les conditions dans lesquelles la secrétaire de DSK était salariée. Affaire suivie d’un non-lieu, sans appel du parquet, donc DSK est plus blanc que blanc.

Il n’en reste pas moins que les retrouvailles, hypothétiques, seraient à n’en pas douter un grand moment de camaraderie, et avec des perspectives apaisées et confiantes pour l’action politique. Une belle photo pour un grand meeting commun, avec accolades et sourires enchantés. Des discussions constructives sur le rôle des grands groupes industriels et financiers, et leurs relations avec le pouvoir. Ou encore DSK nommant Eva Joly garde des Sceaux, ministre de la justice...

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La vie, c'est une série de rencontres

25.08.2010

Sarko/Chirac : On se marre bien à Magouille-sur-Seine

ChiracSarkozy.jpgChirac est innocent, mais l’UMP rembourserait le fric qu’il a détourné. 2, 2 millions d’euros alors que s’approche le procès… Ce serait une réussite pour notre Sarko qui pérorait sur les « voyous qui doivent avoir peur de la justice »

« Je suis innocent, mais je suis prêt à rembourser la victime ». Ça me rappelle les permanences en audience de comparutions immédiates. Le mec mouillé jusque là, accablé par les preuves, les biftons sortant de ses poches, proclamant son innocence sur la mémoire de ses ancêtres, mais qui offre de rembourse la victime.

Petit rappel du feuilleton Chichi

Le juge d’instruction Xavière Simeoni, contre l’avis du Parquet, a ordonné le renvoi de Chirac devant le tribunal correctionnel de Pairs, sous le grief de détournements de fonds et d’abus de confiance, opérés lorsqu’il était maire de Paris, ce sous la forme de 21emplois fictifs, entre octobre 1992 et mai 1995, seule période pouvant être poursuivie. Une vingtaine de personnes étaient payées par la ville alors qu’elles travaillaient pour le RPR, et le procès est prévu pour l’automne 2012. Et le Canard Enchaîné nous apprend qu’au prochain conseil municipal de Paris, les 27 et 28 septembre, est prévu l'approbation d'un protocole d'accord par lequel l’UMP et Chirac règleraient les sommes réclamées par la Mairie de Paris : 1,65 million d’euros versés par l'UMP et 550.000 par Chichi. La Mairie a confirmé. Avec 2,2 millions, la Mairie estime qu’elle est remboursée. Elle n’aurait donc plus rien à demander en justice, et se désisterait de sa constitution de partie civile. Du côté de la mairie, c’est nickel : victime indemnisée, elle se retire du procès.

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En apéro, c’est l’ineffable Xavier Bertrand qui paie la tournée. L’info était apparue il y a une quinzaine, Le Canard expliquant que Nicolas et Chichi avaient cassé la croute dans la gargote du Tong Yen, le 15 juin, alors que Villepin allait lancer son mouvement politique, et que la plat de résistance était le paiement de dettes de Chichi par l’UMP, avec en contrepartie un Chichi qui rentre dans le rang sarkozien. Xavier Bertrand avait démenti : « Ce sont des questions qu’on se à Paris, dans le microcosme. Les gens s’en foutent un peu, et je crois qu’ils ont raison. Le Canard Enchainé, ce n’est pas le journal officiel de la République française. Et ce n’est pas la première fois qu’il dit des choses qui ne sont pas vraies ». Eclat de rire assuré avec la déclaration que devra faire aujourd’hui Xavier-le-Mollasson devant l'avancée du protocole. J’espère qu’il ne se trompera pas de fiche, et ne demandera pas une déchéance de nationalité...

Le requin blanc est innocent

Mais le plus rigolo, c’est notre grand requin blanc de Chichi. Son procès avait été endormi pendant ses années de présidence et la mise en examen était arrivée, ponctuelle, en novembre 2007. Outragé, le Chichi ! Qui avait tant et tant protesté dans la presse, sur le thème : pas un sou n’a été détourné.

A Europe 1 : «Aujourd'hui on me reproche d'avoir recruté des personnes qui n'auraient pas eu de lien avec l'action municipale, je conteste formellement cette affirmation. Ces emplois avaient tous une raison d'être pour la ville et pour le maire de Paris. Les 21 travaillaient bien entendu pour les Parisiens».

Au Figaro : «J'irai donc m'expliquer avec sérénité et détermination, pour que la vérité soit établie. Je le dois aux Français, qui m'ont accordé leur confiance»

h_4_ill_881836_arp1125204.jpgDans Le Monde : « Jamais les moyens de la Ville de Paris n’ont été mis au service d’autres ambitions que d’agir pour les Parisiennes et les Parisiens. Jamais il n’y a eu d’enrichissement personnel. Jamais il n’y a eu de système. Ces recrutements, je les ai souhaités ou autorisés parce qu’ils étaient légitimes autant que nécessaires ».

Alors, comment dire que l'on paie si on ne doit rien ? Alors le protocole sera-t-il finalisé? Si oui, ça donnerait quoi ?

 

 

Bon, mais ça donne quoi pour le procès ?

Nous sommes au pénal, où les intérêts généraux de la société sont en jeu. La partie civile s’inscrit dans le procès, mais le procès mène sa barque quoiqu’il en soit. Premier exemple, une tentative de vol : il n’y a pas de victime, car il n’y a pas eu de préjudice, mais le procès pénal se déroule. Deuxième exemple : un type, un peu bourré, avoine son pote, qui porte plainte. Mais les deux pochtrons redeviennent copain devant le zinc, et le mec qui a été frappé ne réclame plus rien : le procès pour coups et blessure aura bien lieu quand même. Même chose encore pour le papa poursuivi pour ne pas avoir payé la pension alimentaire, et qui solde l’arriéré la veille de l’audience : l’infraction d’abandon de famille existe néanmoins.  Donc, la Ville de Paris disparait du procès, comme partie civile, mais le procès pénal se poursuit, pour statuer sur les infractions commises.

Chirac tout beau tout neuf, car tout aura été payé. Mais justement, le tribunal sera bien tenté de voir dans ce remboursement – 2,2 millions ce n’est pas rien – la preuve du détournement. J’imagine bien que le protocole comporte huit préservatifs du genre « Le  paiement est une transaction ne vaut pas reconnaissance de détournements ». Certes, mais la Ville a toujours parlé d’emplois fictifs et Chichi a toujours dit que tout avait été fait dans l’intérêt de la Ville. Donc, pourquoi ce remboursement ? Pas de blague : c’est un aveu. Il faudrait mieux etre prudent...

 

 

Reste l’audience…PasquaSarkozy.jpg

La Ville sera absente, et le Parquet a annoncé qu’il entendait requérir la relaxe. Bon. La ville ne réclamant rien, le tribunal ne lui donnera rien. Ca, c’est sûr. Mais le tribunal reste saisi, non par le Parquet, mais par l’ordonnance de renvoi de la maudite juge d’instruction. Et rien n’empêche le tribunal de prononcer une condamnation, alors que le parquet ne le demande pas. Car les réquisitions du Parquet ne sont pas des ordres.  Le juge, est indépendant… et c’est bien tout le problème.

 

 

Ici, il faut distinguer

 

Si l’accord intervient entre la Ville, Chichi et l’UMP au début de l’affaire, le procureur peut classer et c’est fini.

Mais ici, il ya eu ouverture d’une information judiciaire, qui échappe à la maîtrise du Parquet. Si l’on en était encore à l’instruction, on aurait pu envisager, difficilement mais bon, une décision de non-lieu, et c’était là encore fini ? Mais ici, la situation est différente, car le tribunal a été saisi par l’ordonnance de renvoi, et le tribunal doit statuer.

 

 

Un arrêt de la Cour de cassation du  28 septembre 1994 (n° 93-83605) est éclairant.

 

 

Un prévenu avait été cité devant le tribunal correctionnel pour conduite d’un véhicule sous l'empire d'un état alcoolique. A l'audience, le parquet avait déclaré « abandonner les poursuites », ce dont le tribunal avait pris acte, prononçant une relaxe, mais le Parquet avait eu des remords et avait fait appel et la Cour d’appel l’avait condamné. Que dit la Cour de cassation ? « Le tribunal s'était cru, à tort, dessaisi de la poursuite, alors que le ministère public n'a pas la disposition de l'action publique ». Ce n’est donc pas, juridiquement, un abandon des poursuites, mais seulement des réquisitions de relaxe. Et le tribunal est libre d’apprécier. Le juge n’est dessaisi une fois qu'il est allé au terme de sa saisine, c'est-à-dire qu'il a rendu sa décision. A ce stade, le procureur ne peut pas dessaisir la juridiction pénale saisie. Celle-ci doit se prononcer, et il ne fait pas de doute qu’elle peut condamner la personne poursuivie malgré des réquisitions du Parquet tendant à une relaxe. 

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Garanti de souche

20.08.2010

Rudolf Sarközi, mon pote

Sarkoezi%20klein.jpgRudolf Sarközi, porte-parole autrichien de la communauté rom. Rudolf et Nicolas… L’un fier de sa souche, l’autre qui la rejette ; l’un s’en sort brillamment, alors que l’autre sombre… et voit arriver un bon coup de racines sur le nez.

Rudolf Sarközi, une vie. Né en 1944 dans un camp de concentration nazi. Premier métier : éboueur à Vienne, en Autriche, puis électronicien. Militant du Parti social-démocrate. Conseiller d’arrondissement à Vienne. Président de l’association culturelle des Roms d’Autriche. Et blogueur. Les petits fachos du coin l’appellent « le roi tsigane ».  

La communauté rom en Autriche, 30 000 personnes, aujourd’hui sédentarisée, ne vit pas trop mal. Rudolf Sarközi explique au Monde : « Nous avons connu des situations de précarité semblables à ce qu’on voit en France aujourd’hui. Bien sûr, on ne peut laisser se développer des campements sans contrôle, et il ne s’agit pas non plus de défendre la délinquance ou l’oisiveté. Mais si on offrait à ces gens des terrains où ils puissent vivre dignement, ce serait un pas vers l’intégration. Le point capital, qui exige le plus d’efforts, est la formation des jeunes». image_erinnern_detail.jpg

Le Monde explique qu’à l’époque féodale, le comte Batthyány accordait sa protection aux Roms du Burgenland et les plaçait sous l’autorité exclusive du chef régional, le voïvode, qui s’appelait Martin Sarközi. D’où la question du Monde : « Ce voïvode peut-il avoir une lointaine parenté avec la famille hongroise de Nicolas Sarkozy – version francisée de Sarközi –, anoblie en 1626 par l’empereur d’Autriche? » Rudolf répond : « Qui sait ? Ce patronyme est typiquement rom. Certains, dans un souci d'intégration, l'ont même abandonné de crainte d'être stigmatisés. Au Burgenland, à la frontière avec la Hongrie, il est possible d'enseigner dans les écoles publiques en langue romani. »

D’où cette question, chères amies et chers amis.

S’il s’avérait que parmi le groupuscule agitant la meute actuelle des anti-Roms, se trouvait un Français d’origine étrangère, de souche hongroise, issu de la communauté rom du Burgenland du Moyen-Age, laquelle était placée sous la protection du voïvode Martin Sarközi, la solution la plus adaptée serait-elle d’après vous :

-          Un cours d’histoire ?

-          Un stage citoyenneté ?

-          Un coup de pied au cul ?

17.08.2010

Gens du voyage : L’Etat bientôt condamné ?

173582-Sarko.jpgLes gens du voyage se défendent mal. Sans endroit où vivre, ils s’installent sur des terrains privés ou des propriétés des collectivités, et se font aussitôt convoquer devant le juge des référés du TGI, pour atteinte au droit de propriété. Le juge pondère un peu, en visant le droit au logement et à la vie familiale. Il accorde un délai, mais ne peut remettre en cause le droit de propriété. Passé les délais, les préfectures peuvent envoyer les forces de l’ordre, et c’est le spectacle ignoble que nous voyons désormais tous les jours, suite aux ordres nauséabonds de la Sarkoband.    

Le gens du voyage doivent changer leur stratégie et être logiques avec eux-mêmes. S’ils sont dans l’illégalité, qu’ils se taisent car la République ne connait que le droit. Mais s’ils sont victimes d’illégalités, qu’ils revendiquent leurs droits. Ce n’est pas plus compliqué.

Or, les gens du voyage ont des droits, et je me demande bien ce qu’ils attendent pour les faire valoir. La violence que le gouvernement exerce à leur égard est illégitime, et ils doivent saisir la justice. Quand on renonce aux salades UMP assaisonnées à la sauce FN pour en venir à la loi, tout s’éclaircit.

Que dit la loi ?

La base est la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, aménagée par la loi n°2003-239 du 18 mars 2003 et quelques autres. Les modalités sont complexes, et permettent à des sociétés privées de tirer de juteux marchés, mais la base est simple.

L’article 1 définit les personnes dites « gens du voyage » dont l'habitat traditionnel est constitué de résidences mobiles. La loi ne parle pas ni nationalité, ni de roms, ni de manouches, ni de gitans.pinot_simple_flic1.jpg

Un schéma départemental doit prévoir les secteurs géographiques d'implantation des aires permanentes d'accueil et les communes de plus de 5 000 habitants figurent obligatoirement au schéma départemental (Art.1. I).

A coté des aires d’accueil, destinées à l’occupation pendant une certaine durée, doivent être prévus les emplacements susceptibles d'être occupés temporairement à l'occasion de rassemblements traditionnels, et ce à la charge de l'Etat (Art. 1. II).

Le schéma départemental est élaboré puis approuvé par le préfet et le président du conseil général (Art. 1. III).

Les communes concernées sont tenues, dans un délai de deux ans suivant la publication de ce schéma, de le mettre en œuvre, par la création d’aires d'accueil, aménagées et entretenues (Art. 2.I). Des modalités permettent d’obtenir un délai supplémentaire, mais la dead line est le jusqu'au 31 décembre 2008 (Art.2.IV).

A l'expiration de ce délai, le préfet délivre une mise en demeure, et si dans les trois mois qui suivent (soit le 31 mars 2008 dans le pire des cas) rien n’est fait, l'Etat acquiert les terrains nécessaires, réalise les travaux d'aménagement et gère les aires d'accueil au nom et pour le compte de la commune : « Les dépenses d'acquisition, d'aménagement et de fonctionnement de ces aires constituent des dépenses obligatoires pour les communes ou les établissements publics qui, selon le schéma départemental, doivent en assumer les charges » (Art. 3).

Comment faire appliquer la loi ?

Très bien. Sauf que la loi est inappliquée. Dix ans après le vote de la loi, les places offertes correspondent à 20% des besoins, condamnant les gens du voyage à vivre sur des terrains illégaux, privés des moyens élémentaires d’hygiène.

ensemble-devient-possible-manifestons-L-1.jpgLes communes de plus de 5 000 habitants, les conseils généraux et l’Etat sont dans l’illégalité depuis le 31 mars 2008, et pour plus d’une collectivité, la date est bien antérieure.

Il y a donc deux types de recours à exercer, par les gens du voyage à titre personnel et par les associations qui les regroupent.

D’abord en légalité.

Les dépenses liées à ces aires ont un caractère obligatoire, et elles doivent figurer au budget. Le budget des villes ou des conseils généraux, est un acte administratif qui peut être attaqué dans les deux mois de sa publication devant le tribunal administratif. Le budget est un document public et toute personne peut en obtenir une copie par simple demande, dans le cadre de la loi sur l’accès aux documents administratifs. Donc, une demande de copie, et un bon recours en annulation du budget, histoire de planter le décor.

Ensuite en responsabilité.

Les communes de plus de 5 000 habitants, les conseils généraux et l’Etat commettent une faute certaine en refusant d’appliquer la loi, et ces fautes causent des dommages de premier ordre aux gens du voyages : privation du doit au logement, à une vie familiale normale, à l’éduction des enfants et aux besoins primaires de santé. Et ça dure depuis des années, car dans le texte de la loi du 5 juillet 2000, tout devait être fait dans les deux ans. S’ajoute le traitement inhumain, quand l’Etat fautif prononce des expulsions, à titre de punitions collectives, plongeant des familles entières dans la vulnérabilité.

Sauf cas spécifiques, le dommage est d’au moins 2000 à 3000 € par personne et par mois, car c’est le socle dur des droits de la personne qui est atteint. Donc en moyenne 30 000 € par personne et par an. A chacun de faire son calcul, et d’adresser, selon la procédure, un recours préalable aux collectivités fautives : commune, conseil général et Etat. Après deux mois de silence, car bien entendu les fautifs se tairont, chaque demandeur aura ainsi une décision implicite de refus, et il lui restera à saisir le tribunal administratif d’un recours en annulation contre cette décision de refus, pour obtenir sa juste indemnisation, et le remboursement des faits de justice exposés (Code de Justice administrative, Art. L. 761-1)

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13.08.2010

Il faut fermer la shoot-room de l’Elysée

descente-aux-enfers.jpgLa shoot-room de l’Elysée, où l’on se défonce sec à la Securitoïne… Il est temps de fermer ce lieu, car notre devoir est lutter contre le fléau des drogues dures, élections à la clé.

Ces toxicos, encravatés jusqu’à l’os, dissimulés dans leurs burqas de marque, élevés comme des poulets de ferme au bon air de Neuilly, sont hélas totalement accros : c’est la dépendance pour ces absolute junkies à la Securitoïne.

Depuis maintenant plus de trois ans, ils se pressent tous les mercredi matins à la shoot-room de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, pour fiévreusement se faire administrer leur dose. Une intra-veineuse directe de Securitoïne, genre la guerre contre le monde entier, et ils sont regonflés à bloc, semaine après semaine. A peine le garrot lâché, les voici à nouveau l’œil resplendissant devant les journalistes installés dans la cour de la shoot-room, qui face à cette fulgurance, hésitent à appeler le centre 15.

Car hélas les ravages de la drogue sont bien connus. Les toxicos non pris en charge vomissent toute aide, que ce soit celle des parents, du juge, de la loi ou du psychiatre.

La Securitoïne est une drogue dure : elle apaise les angoisses en créant une angoisse encore plus forte, à savoir un bonheur illusoire, aseptisé, qui devient mortel devant le moindre obstacle.

Ces malheureux ont troqué l’andouillette grillée et le Côtes-du-Rhône contre la pureté, exempte de toute origine étrangère, avec à l’appui un certificat génétique garanti par le ministère de l’Identité Nationale. Une ombre, et pour ces malades, toutConnolly.jpg est destroy. Il leur faut alors tenir, s’accrocher, compter les jours, puis les heures, jusqu’au nouveau passage à la shoot-room, le mercredi béni de la seringue.

Comme des amis dépassés, nous avons assisté à ce naufrage dans la défonce, psalmodié sur l’air de « Tu l’aimes ou tu la quittes » : refus de toute amnistie, objectif chiffré d’expulsions, racaille, karcher, 58° loi sur l’immigration, peines plancher, 49° loi contre les mineurs, guerre contre la Cimade, homme africain qui ne sait pas comprendre l’avenir, flambée délirante contre les patients-psy, suppression du juge d’instruction, saillie contre les Talibans et envoi de soldats en Afghanistan, guerre déclarée à l’hamburger hallal, refus de visas aux étudiants étrangers (qui partent donc au Canada), loi bidon anti-burqa, suppression des allocs pour les enfants dont le frère a déconné, dénonciation des Français d’origine étrangère, gens du voyage qui ne voyagent plus, parents emprisonnés pour la faute de leurs enfants, déchéance de nationalité pour sauver la République, critiques enflammées contre le Conseil Constitutionnel et la Cour Européenne des Droits de l’Homme, … et hier dénonciation de l’ONU qui est nulle et ne comprend rien au monde.

Nos desperados junkies ont largué les amarres. Oui, il faut de toute urgence fermer la shoot-room de l’Elysée.

La base des shoot-rooms, c’est la politique réaliste de diminution des risques. Tout repose sur un principe, intangible : le psychiatre est le soignant, et le junky est le malade. Si les rôles s’inversent, le junky vire le psychiatre, et c’est la spirale de la perdition. La seule solution est alors de tirer le rideau.  

Albert von Keller "La descente aux Enfers" 1912.

Albert Von Keller, La Descente aux Enfers, 1912

Le squatter du Cap Nègre repéré par l’ONU

shame[1].jpgLe récent discours de Sarko sur les déchéances de la nationalité française est  discriminant et constitue une incitation à la haine. Eh oui, j’exagère toujours, vous êtes bien placé pour le savoir. Mais, pas de chance, cette fois-ci, c’est le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale qui se le dit.

 

Le Comité est un organe spécialisé de l’ONU chargé d’examiner la maladie de la xénophobie sous toutes ses formes et dans tous les pays, et il le fait non pas au regard de ses fantasmes ou de son idéologie, mais d’un texte adopté par tous ces pays. Donc, c’est assez simple : Si tu n’aimes pas cette convention, tu ne la ratifie pas ; si tu l’aimes, tu l’appliques. En gros, tu l’aimes ou tu la quittes.

 

Les décérébrés de l’UMP vont répondre avec d’autant plus de vigueur qu’ils font tous dans leur froc pour tenter de sauver leur place, mais la vraie cible de l’ONU est le squatter du Cap Nègre. Sarko le faiblard est dans une configuration qui associe la catapulte et l’impasse. Elu en récupérant le vote FN sur le thème « Je ferai la même chose, mais ça sera propre », il n’a désormais pas d’autre solution que la surenchère. S’il recule d’un centimètre, c’est 4 millions de voix qui partent chez Marine. Alors que le PS patauge « pour ne pas céder à la provocation », c’est l’ONU qui taxe les dirigeants français pour leur xénophobie.

 

Sarko, l’ONU t’a repéré. Honte sur toi.

 

Vous trouverez ci-dessous le lien avec le compte-rendu, sur 12 pages, qui atteste de la qualité des travaux. D’ici la fin du mois, sera publié le compte rendu officiel, avec les conclusions du Comité qui répondront aux arguments de la France. Ici, je ne cite que quelques extraits. Du jamais vu.the-shame.jpg

 

  • Sur la base des déclarations politiques récentes, on a l'impression que le politique maltraite le droit en France.
  • La liberté de circulation étant garantie en France, pourquoi des Français appartenant à des minorités sont-ils obligés de se munir de carnets de circulation, ce qui est effrayant et rappelle l'époque de Pétain ?
  • Pourquoi des citoyens français – les gens du voyage – doivent-ils pointer à la police tous les trois mois, alors que la carte nationale d'identité n'est pas pour eux une obligation ?  
  • Alors que la Convention considère la discrimination raciale comme un crime, les mesures récemment prises en France par le pouvoir politique sont-elles constitutionnelles ?
  • Comment peut-on expliquer qu'une décision à caractère général puisse être prise en lieu et place d'une décision qui aurait dû être prise à titre individuel en vertu du droit pénal, comme cela s'est vu dans le contexte des gens du voyage et des Roms ?
  • Comment se peut-il que des Roms puissent être extradés d'un lieu qui appartient à l'Union européenne, comme si la Roumanie et la Bulgarie ne faisaient pas partie de l'Union européenne ?
  • En Nouvelle Calédonie, on compte 7 hectares de terres pour un Kanak pour 100 hectares pour un Européen.
  • Tous les événements récents en France sont dus à la mise en œuvre d'une politique.
  • La politique sécuritaire de la France est marquée par la stigmatisation de l'immigration comme cause de tous les maux.
  • Le récent discours du Président français sur le retrait de la nationalité française dans certains cas est non seulement discriminant contre les Français d'origine étrangère mais il constitue également une incitation à la haine.
  • Que signifie la notion de Français d'origine étrangère ?
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L'UMP se ressource

05.08.2010

Les Français sont-ils des blaireaux ?

autres-animaux-brunstatt-france-1336540111-1211405.jpgLes Français sont-ils des blaireaux ? Une grande majorité oui, si j'en crois le sondage publié hier, genre 80% sont pour les déchéances de nationalité et les expulsions de roms.  

Comme je ne fais pas de politique, je peux répondre franchement : oui, ce sont des blaireaux, et avec de solides réflexes de bourrins. Car pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, je vous encourage à lire ce sondage que par hygiène de la pensée, je ne reproduirai pas ici.

Quelle est l’actu depuis un an ? Le crack de la finance qui, par vagues de dizaines de milliards d’euros, a ruiné les économies. Tiens, toute fraîche d’hier, une autre info, importante celle-ci : 256.000 destructions de postes de salariés en 2009, une baisse inégalée depuis 1976.

Et qu’en disent les blaireaux ? Simple : il faut taper sur ces salauds de pauvres.

Ce qui menace l’avenir ce sont les roms totalement fauchés et les gus qui pratiquent l’excision. Bien vu ! Une hauteur de vue et une finesse d’analyse qui va aider à percuter la bourse de New York et le marché chinois ! Des pays comme le Brésil ou la Turquie tournent aux alentours de 10% de croissance par an – donc le pays gagne 50% en 5 ans – alors que nous peinons à faire 1%, mais ce n’est pas le problème. Ben voyons, bande de rigolos ! Un autre monde se dessine, mais les blaireaux montent la garde devant leur terrier.  

Face à ce sondage, on peut prendre le point de vie raisonnable et dire : ce ne sont pas les bonnes questions. Donc, si la question avait été : « telle ou telle mesure fera-t-elle reculer l’insécurité ? » nos gentils bourrins auraient marqué leur réprobation.  

Et bien, je m’en tape de ce genre d’explications à la noix, qui masque la réalité : nous ne sommes pas au fond, mais près du précipice, et on fonce. Prends du Doliprane, mon pote, ça calme la douleur…BiggestLoserLogo.jpg

La réalité, c’est que le peuple français qui, dans le monde est encore celui de la patrie des droits de l’homme, ce peuple assis sur plus deux ans cents de démocratie, menacée sur aucune frontière, avec une économie qui reste stable, se défoule contre les démunis dès qu’il est un peu excité par ses dirigeants. Ce qui me donne juste envie de vomir.  

Et que nous dit la Gauche ? Deux choses palpitantes : « je ne réponds pas pour ne pas céder à la provocation et « de toute façon c’est anticonstitutionnel ». Mais on s’en fiche, de vos réponses défraichies de socialistes défraichis ! Vous qui avez pour job d’assurer les responsabilités, vous êtes démunis à ce point-là, pour vous retrancher derrière ce juridisme froid ? Terrifiés par deux sondages débiles. Incapables de parler à votre peuple. Deux cents députés, la quasi majorité au Sénat, vingt régions, et incapables de se faire entendre…

Alors, je suis minoritaire ? Nous sommes, chères amies et chers amis minoritaires ? Oui, et on s’en fiche. Entre les psychomaniaques de Droite et les dépressifs de Gauche, nous sommes les seuls à croire à l’avenir.

Je ne rejoins pas non plus instant ceux qui pleurent sur le thème « c’est le retour de Vichy ». Les époques n’ont rien à voir, et les liens internationaux changent tout. L’histoire montre que la République tant glorifiée a régulièrement eu ce genre de grands coups de pompe. Et elle s’en est toujours relevée.

Ce discours de haine et ces sondages de peureux, c’est de la gonflette. On n’a jamais résolu un problème en s’attaquant à des leurres. Ils vont donc de mettre à 40 millions de blaireaux pour trouver le français d’origine étrangère qui a été jugé coupable d’excision, et saisir le Conseil d’Etat pour obtenir une déchéance de nationalité. Non, mais franchement… Un accouchement d’éléphant, c’est une partie de plaisir, à côté…

Le problème pour eux est que la société change et que le monde va vite. Heureusement, la vraie vie se crée ailleurs, en marge pour le moment. On bosse, on étudie, on échange, on construit, on voyage, on innove, on apprend les langues, on ruse, on crée, on invente des histoires d’amour pas possibles. On se marre bien, et tout en s’occupant de notre avenir, on va leur coller une toise, à nos blaireaux…

Soyons un peu égoïstes, mais pas de regrets, car certaines choses dépassent la force humaine : comme on dit à la campagne, on ne fait pas avancer un âne qui chie.

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L'UMP vous dessine un avenir

31.07.2010

Sarko en guerre… contre Marine

Gainsbourg_&_Birkin_-_Je_t'aime.jpgCe n’est pas Martine, mais Marine qui collera la toise à Sarko. Ca ne me plait pas, mais c’est ainsi. Soyons réalistes.

En 2007, Sarko n’a pas gagné contre Ségolène, quoiqu’en ait dit Jospin. Au second tour, le résultat n’était pas si minable : 53 contre 47. Non, Sarko avait gagné au premier tour, en siphonnant l’électorat FN par son discours sécuritaire allumé. Face à Papy Jean-Marie, détenteur de la marque Le Pen, mais tant de fois condamné pour ses délires antisémites, racistes et négationnistes, le discours propret du maire de Neuilly a fait flores : c’est à pleurer, mais c’est ainsi. Deux cents ans de pratique démocratique n’avaient servi à rien.

Aujourd’hui à Grenoble, c’était le show, et le spectacle des trois poireaux qui accompagnaient  notre clown triste – MAM, Brice et le préfet super-flicman-of-the world – tous avec la tronche grave comme des chefs de la coalition s’apprêtant à défendre le droit en Afghanistan, était à mourir de rire quand on sait qu’à la même heure le Conseil constitutionnel dessoudait la garde-à-vue, défendue la veille comme le rempart de l’ordre par les mêmes farceurs.

Sarko, à force de dire n’importe quoi sur la sécurité, arrive à l’os. Dix ans de discours et aucune action, ça finit par se voir. L’augmentation conjuguée des chiffres de l’insécurité et des sondages pour Marine a de quoi donner le tournis à notre dream of flic.

Nicolas et Carla, c’est un couple qui rend ivre de bonheur la Reine Elisabeth, Point-de-Vue-Images-du Monde, et un peu moins Woody Allen. 35 fois la scène de l’épicerie… Mais le vrai couple, celui qui imprime son rythme à la vie politique française, c’est Nico/Marine. Et Marine a l’air si épanouie !3700301011145.jpg

Sur le programme de Marine : « À l’origine de la plupart des maux dont souffre notre pays, la politique d’immigration ». A Grenoble, Nico embraye, déplorant l'« échec du modèle d'intégration français depuis cinquante ans ».

Martine a tout prévu dans son magnifique programme : « La déchéance de la nationalité pourra être prononcée par la juridiction concernée dans le cas de naturalisation acquise depuis moins de 10 ans et dans le cas de crime ou délit grave ayant entraîné une condamnation à plus de 6 mois de prison, non assortie de sursis ».

Et paf, ça remonte au cerveau, ou plutôt au front, de Nico : « Quand on tire sur un agent, on n’est plus digne d’être Français ». D’où la solution : le retrait de la nationalité pour toute personne d’origine étrangère ayant porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique.

Nico, écoute-moi, au lieu de suivre comme une chèvre tes communicants à deux balles. Ce n’est pas parce que tu n’es plus qu’à 30% dans les sondages et que l’UMP prend des gaufres à toutes les élections partielles que tu peux faire abstraction : tu es encore président pour deux ans. Et, comme président, tu es gardien de la Constitution. Pas comme Marine. Oki ?

Or, que te dit l’article 1 de la Constitution ?

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion ».

Sans distinction d'origine… Donc, ton discours sur les citoyens moins français que les autres, il est ratatiné d’emblée. Idem pour tes salades sur les peines plancher à propos des sales mecs qui tirent sur les flics. Tu n’es pas raisonnable, mon Nico. Tu donnes l’impression d’un sauvageon qui se fait filer une fessée tous les deux jours par Papa Conseil Constitutionnel.

Allez, on va parler du réel. D’après ce que me disent de vieux copains soc’ de Grenoble, les effectifs des flics dans l’agglomération ont diminué de 20 % en cinq ans. Ce qui correspond à la baisse des effectifs que tu organises au plan national : depuis 2007, moins 10 000 postes entre la police et la gendarmerie.

Les chiffres du budget de la police sont parlant : 1 100 millions € en 2007, 1032 en 2010, et 950 en 2011. Et combien pour 2012 ? Et qu’en dira Marine ? Je compte sur toi pour ne pas la fâcher.

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-       Attends donc cinq minutes que le photographe se casse, Marine, et  je vais te coller une burqa mahousse…

-       Mais je suis soumise, rassure-toi...

-       Non, tu ne cesses de draguer mes électeurs !

-       Tes électeurs ! Mais ce sont les miens. C’est tout l’héritage de mon père, et rappelle-toi, ton programme défend la dévolution des biens en ligne directe.

-       Arrête tes histoires. Tu sais très bien que depuis le RPF de De Gaulle, le populisme, c’est pour nous.

-       Mais tu ne peux pas me faire çà. Mon parti est presque en faillite…

-       Vous n’êtes que des squatters. Tu as vu sur Mediapart les belles images de l’expulsion de La Courneuve…

-       Non pitié, il faut que je sauve les biens de mon père, qui comme une buse, s’est porté caution.

-       Vous êtes les prochains sur la liste.

-       Papa avait raison, tu n’es qu’une pie qui s’est installé dans notre nid.

17.07.2010

Wauquiez, mendiant de l’UMP

Un nouvel exploit de la République irréprochable. Les tribulations du jeune et moderne Wauquiez Laurent à Londres valent leur pesant de cacahuètes.

 

Londres d’enflamme pour le Puy-en-Velay

 

En janvier 2008, Wauquiez Laurent, député et maire du Puy-en Velay, déclare à la préfecture de Haute-Loire, la création de Nouvel Oxygène, mouvement politique qui a pour objet de « rassembler les citoyens désireux de participer à la vie locale et nationale ». Le statut ajoute : « Nouvel Oxygène contribue activement au débat politique tant en Haute-Loire que nationalement ».

 

Le bilan financier est disponible sur le JO publiant le rapport de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques pour 2008, denier exercice connu (page 290). 2008 est donc l’année de création de ce parti, qui bénéficie déjà de ressources substantielles :

-          34 235 € de dons de personnes physiques 

-          1 433 €  de dévolution de l’excédent des comptes de campagne 

-          22 463 € contributions reçues d’autres formations politiques, va savoir, peut-être la maman UMP.

 

Coté cotisation, c’est plus surprenant : pas un centime. Donc un micro parti créé en janvier 2008 qui justifie de recettes pour 59 871 €, mais sans une seule cotisation. Côté dépense, la contribution « active au débat politique tant en Haute-Loire que nationalement » semble avoir être restée très cérébrale. Jugez vous-même : 

-          78 € pour la propagande,

-          2 622 € d’aide à un candidat, mais on ne sait lequel.

-          4624 € d’achats.

 

Bon, après tout, on s’en contrefiche de ce Nouvel Oxygène… Eh bien, on aurait bien tort. Car la multiplication de ces micro-partis est un moyen de contourner la loi électorale en parasitant les comptes des grands partis

 

Alors, les exploits de Wauquiez Laurent à Londres,… il y a de quoi rire deux minutes ! Le secrétaire d’Etat nous explique que son Nouvel Oxygène a une telle notoriété à Londres, que ce 28 juin, après une journée harassante toute consacrée à la lutte pour l’emploi, il a du sacrifier sa dernière énergie pour rencontrer dans un club de Mayfair – quand même plus classe que le foyer rural du Puy-en Velay – un aréopage de banquiers et des gérants de fonds spéculatifs complètement accros à l’action de Nouvel Oxygène. Leur enthousiasme était tel qu’ils ont voulu donner de l’argent, et Wauquiez Laurent, pour ne pas leur faire de peine, a du accepter. Ce alors que l’association a tout de même 52 547 € en caisse, soit au regard du niveau des dépenses de 2008, environ sept ans d’avance. 

 

Evidemment, personne n’est dupe. Nouvel Oxygène est une petite pompe à fric, mais quelques centaines de ces petites pompes branchées en série, ça finit par faire une très belle pompe ! Il va donc falloir s’intéresser à ce genre de manips.

 

La mendicité et l’exploitation de la mendicité

 

En réalité, le plus efficace est de prendre l’affaire sous l’angle de la mendicité, car c’est bien de ça qu’il s’agit : « un peu d’argent car je suis dans le besoin ». Depuis 1990, la mendicité n’est plus sanctionnée, mais la loi du 19 mars 2003 a introduit dans le Code pénal l’infraction d’exploitation de la mendicité. Un truc pas gentil du tout. Lisons ensemble.

 

Voici l’article 225-12-5.

« L'exploitation de la mendicité est le fait par quiconque de quelque manière que ce soit :

« 1° D'organiser la mendicité d'autrui en vue d'en tirer profit ;

« 2° De tirer profit de la mendicité d'autrui, d'en partager les bénéfices ou de recevoir des subsides d'une personne se livrant habituellement à la mendicité ;

« 3° D'embaucher, d'entraîner ou de détourner une personne en vue de la livrer à la mendicité, ou d'exercer sur elle une pression pour qu'elle mendie ou continue de le faire ;

La sanction est lourde : trois ans de prison et 45 000 € d’amende. Le législateur de 2003 ne rigolait pas.

L’article 225-12-6 prévoit une série de circonstances aggravantes, et j’ose à peine citer l’article 225-12-7 :

 

« L'exploitation de la mendicité d'autrui est punie de dix ans d'emprisonnement et de 1 500 000 Euros d'amende lorsqu'elle est commise en bande organisée ».

 

Eh oui, les carottes sont cuites… Notre Wauquiez tendant la main devant les banquiers de la city, c’est de l’exploitation de la mendicité en bande organisée. D’ailleurs, voici le jugement.

 

 

LE TRIBUNAL DU BLOG

 

Sur le rôle de la loi dans la République

 

Attendu que la République est laïque et irréprochable ;

Attendu que les ministres doivent être aussi irréprochables que la femme de César, et que pour l’avoir oublié, César faillit y laisser des plumes ;

Attendu qu’à 30% dans les sondages, il n’y a plus beaucoup de plumes à perdre sans commettre ipso facto l’infraction d’outrage à la pudeur ;

Attendu que la France souffre assez et qu’il faut lui éviter ce choc ;

Attendu que nul n’est censé ignorer la loi et surtout celui qui l’a votée ;

Attendu que, grand ou petit, tout le monde est égal devant la loi ;

 

Sur la législation du financement des partis politiques

 

Attendu que par un jour de distraction, le Législateur a bêtement voté une loi sur le financement des partis politiques ;

Attendu que ceux qui détiennent la finance ont des opinions plus stables que le brave peuple, si vite irrité par l’augmentation du prix du kilo d’oranges ou du tarif du gaz ;

Attendu qu’une société toute orientée vers le progrès humain a besoin de stabilité et qu’un pouvoir politique normalement constitué, soucieux du bonheur de son peuple, doit savoir prendre des mesures limitant temporairement les libertés de ce peuple et renforçant le pouvoir de l’argent, car ce n’est là qu’un mal nécessaire, genre maison de correction ;

Attendu d’ailleurs que dans les grandes démocraties modernes, c’est celui qui a le plus d’argent qui gagne les élections, et chacun a pu voir que la victoire d’Obama, grand moment de la démocratie, s’est dessinée à partir du moment où il avait obtenu les plus de dons qu’Hillary ;

Attendu aussi que violer la loi sur le financement de la vie politique pour permettre une vie politique prometteuse ne saurait être puni, car ce n’est en réalité qu’une sublimation des buts de la loi ;

 

Sur le délit d’exploitation de la mendicité

 

Attendu en revanche que si tout est permis au voleur c’est à condition qu’il ne se fasse pas prendre ;

Attendu que, si vous êtes juges et que vous ne sanctionnez pas celui qui est pris les doigts dans la confiture, vous n’aurez pas votre place sur le tableau d’avancement, et que ça, c’est bien embêtant ;

Attendu qu’un parti politique a pour objet de faire de la politique avec l’argent des adhérents ;

Attendu qu’un parti politique qui n’a pas d’adhérent et ne fait pas de politique, mais qui a plus de 50 000 € en caisse, n’est en réalité qu’une caisse ;

Attendu que pour remplir encore mieux cette caisse, ce parti a envoyé le jeune et sympathique Wauquiez Laurent mendier du fric auprès de banquiers et de gérants de fonds spéculatifs à Londres ;

Attendu bien entendu que ces banquiers et gérants de fonds spéculatifs n’ont absolument rien à fiche de Nouvel Oxygène ou des futures élections municipales au Puy-en-Velay ;

Attendu que si ces banquiers et gérants de fonds spéculatifs donnent de l’argent, c’est pour alimenter les petites rivières qui aboutiront dans le grand fleuve UMP ;

Attendu que Wauquiez Laurent ne profite pas lui-même de l’argent, mais le reverse à Nouvel Oxygène, et qu’il a d’ailleurs du payer sa chambre d’hôtel sur sa propre cassette, dit-il ;

Attendu qu’ainsi Nouvel Oxygène organise la mendicité de Wauquiez Thierry en vue d'en tirer profit, ce qui correspond exactement à la définition de l’article 225-12-5, 1° alinéa.

 

Sur les circonstances aggravantes

 

Attendu que Nouvel Oxygène, avec 78 € de frais de propagande par an et zéro centime de cotisation n’est pas un parti mais une caisse annexe pour l’UMP ;

Attendu que la mendicité de notre pauvre ami Wauquiez Laurent est en réalité imposée dans un cadre organisé par les boss de l’UMP, ce qui correspond exactement à la définition de l’article 225-12-7, qui sanctionne l’exploitation de la mendicité en bande organisée ;

 

Sur la sanction

 

Attendu que notre excellente ministre de la Justice Indépendante a brillamment expliqué devant l’Assemblée Nationale que la République se vivait à visage découvert ;

Attendu qu’il se servirait à rien de sévir contre la burqa si on en restait à la lutte contre un bout d’étoffe noire, et que c’est bien tout procédé de dissimulation de la personne qui doit être sanctionné ;

Attendu que Nouvel Oxygène est en réalité une sorte de burqa de l’UMP, dont notre pauvre ami Wauquiez Laurent se voit imposer le port ;

Attendu que la répression doit être ferme, mais qu’elle vise surtout l’amendement, en application du principe « A tout pêcheur miséricorde » ;

 

Par ces motifs

 

Vu les articles 225-12-5, 1° alinéa et 225-12-7 du Code pénal,

 

Dit que le fait, pour les boss de l’UMP, d’avoir amené Wauquiez Laurent à mendier de l’argent au profit en réalité de l’UMP devant des banquiers et des gérants de fonds spéculatifs constitue l’infraction d’exploitation de la mendicité en bande organisée ;

 

Sur le plan pénal, dit que les boss de l’UMP sont condamnés à un stage de citoyenneté d’une semaine de 35 heures ;

 

Sur le plan social, confie la victime Wauquiez Laurent aux bons soins de l’association « Ni putes, ni soumises », où il bénéficiera, outre de paroles flatteuses pour l’esprit,  d’amitié et de réconfort.

 

Murillo, Le Jeune mendiant, 1648, Musée du Louvre

12.07.2010

Des questions à Sarko

france3_questions_pour_un_champion.jpgVous aussi, posez vos questions à Sarko ! Pour l’émission de ce soir, on sait que les questions compteront peu, car elles ont été savamment dealées pour qu’au final, Sarko puisse donner les réponses qu’il souhaite. C'est comme çà, quand vous êtes présidant la République irréprochable. En option 1, vous faites un discours, qui ne sera écouté par personne. Donc vous prenez l’option 2, c’est-à-dire que vous trouvez des journalistes gentils-gentils, qui posent des questions gentilles-gentilles, et bien téléphonées, comme ça vous dites exactement ce que vous vouliez dans le discours, sauf que ça à la forme d’une interview im-pi-toya-ble.

Aussi, il faut recréer un équilibre, et posons nos questions via la blog. Je compte sur la cellule d’observation du net de l’Elysée pour lui transmettre. Merci d’avance !

Question : Pour 2008, le montant du remboursement versé par l’Etat à Liliane au titre du bouclier fiscal avait été de 30 millions d’euros. Quel sera le montant pour 2009, devant être versé ces jours-ci ?

Question : Dans la mesure où il est acquis que Liliane a fraudé le fisc, pour son ile et ses comptes à Singapour, pouvez-vous nous confirmer que le montant du remboursement au titre du bouclier fiscal ne lui sera pas versé, mais mis en compte comme premier versement dans l’attente du chiffrage des droits fraudés ?   aff_champion2.jpg

Question : Liliane a dit qu’en 10 ans elle avait payé 400 millions d’euros d’impôts, soit environ 40 millions par an. On sait aussi que le remboursement au titre du bouclier fiscal lui a rapporté 30 millions en 2008, ce qui laisse un impôt marginal par rapport aux revenus et à la fortune. Or, vous aviez justifié le bouclier fiscal, en disant qu’on ne devait pas travailler plus d’un jour sur deux pour l’Etat, et le cas de Liliane montre que cet argument est bidon. Comment pouvez vous maintenir une mesure aussi injuste et coûteuse, alors que vous demandez à tous les Français de se serrer la ceinture ?

Question : La semaine dernière, les auditions avaient lieu le matin par la police, sous le contrôle du procureur, et elles étaient commentées par Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, dans l’après-midi. Allez-vous demandez à MAM d’ouvrir une enquête sur cette violation du secret de l’enquête ?

Question : Le garde des Sceaux exerce l’autorité hiérarchique sur le procureur. Les enregistrements publiés par Le Point et Mediapart montrent que votre cabinet avait des liens directs avec le procureur, ce qui a permis d’annoncer à l’avance à Liliane les décisions qui  la concernait. Qu’attend MAM pour imposer la désignation d’un juge d’instruction, la justice ne pouvant qu’être indépendante et impartiale ?

Question : Eric Woerth est encore trésorier de l’UMP, alors qu’a priori il a de quoi occuper ses journées. Reste-t-il en fonction car l’UMP n’a pas trouvé quelqu’un de compétent pour le remplacer, ou parce qu’il connait toutes les ficelles du financement occulte de votre campagne ?

Question : Eric Woerth a du annuler la réunion du club des grands contributeurs de l'UMP, dont plus d'un doit être bénéficiaire du bouclier fiscal. Chacun sait que les affaires de l'UMP vous intéressent, alors pouvez-vous nous dire la nouvelle date qui a été fixée? Serez-vous présent comme les autres fois ?

Question : Vous aviez fait des procès pour des trucs comme que vos photos utilisées par la pub d’une compagnie aérienne, et les militants qui utilisent des slogans hostiles à votre encontre sont poursuivis pour « offense au chef de l’Etat ». Qu’attendez-vous pour faire un procès aux journaux qui ont parlé de vos visites assidues chez Liliane pour récupérer des enveloppes d’argent, alors que tout le monde sait que vous veniez pour recevoir ses conseils avisés sur la politique sociale et économique de la France? Ce permettra à chacun d’apporter ses preuves...

Voici mes premières questions. A vous de compléter la liste… ce n’est pas tous les jours qu’on peut poser des questions à notre présidant la République irréprochable !